On pourrait penser qu’en matière de rapatriement de corps, quel que soit son lieu de départ, tout a été dit. En réalité, il n’en est rien. Avec le temps, les exigences des familles, mais également des opérateurs funéraires, évoluent et, bien que les majors du secteur rapatriement soient toujours très actifs, une nouvelle génération de prestataires apparaît avec un nouveau sens de l’écoute qui semble bousculer les codes et finalement s’impose avec un certain succès. C’est un peu l’histoire de Béatrice Le Normand Marin qui redessine les périmètres de la branche. Explications…

Béatrice Le Normand Marin sait de quoi elle parle. Plusieurs décennies au sein d’un groupe de rapatriement de corps en comité de direction sur la zone caribéenne forgent le caractère et le savoir-faire. De plus, pour elle, le funéraire est une tradition familiale qui fut portée en son temps par Roger Marin, son grand-père, co-fondateur de la Fédération Française des Pompes Funèbres (FFPF), auprès de laquelle l’adhésion a été une évidence.
Cela étant dit, c’est plutôt sur son savoir-être que Béatrice trace de nouvelles perspectives. Initier une entreprise dans ce secteur n’est pas chose simple, les habitudes et les certitudes sont bien ancrées, seulement le monde bouge et ce mouvement s’accélère de plus en plus. Les exigences ne sont plus les mêmes et une vision anticipatrice s’impose, un nouveau paradigme où le service global s’affirme, voire s’impose comme une évidence. Le transport, bien que très important, ne fait pas tout.
"Pour une famille en deuil, une personne défunte décédée loin de sa terre d’attache constitue un épisode particulièrement sensible qu’il faut traiter avec tous les égards possibles. De transporteur, nous sommes également les organisateurs d’une chaîne logistique qui va bien au-delà de la documentation administrative nécessaire au rapatriement.
Nous avons donc mis en œuvre un processus complet reparti sur plusieurs continents et qui est en mesure d’intervenir 7j/7 à la demande des familles, de leurs opérateurs funéraires, mais également des assureurs ou autres intermédiaires, quel que soient le contexte et l’environnement du décès. Comme vous le constatez tous les jours, notre planète ne manque pas de zones conflictuelles où accidents et décès tragiques sont quotidiens", souligne Béatrice Le Normand Marin, directrice d’ALPHA RAPATRIEMENT.


Un plateau multiculturel rompu à tous types d’événements
"Notre plateau d’assistance basé en Martinique, favorable avec son décalage horaire, multiculturalisme et multilinguisme nous permet un dialogue immédiat avec nos interlocuteurs nationaux et internationaux. Nous disposons de 4 opérateurs ayant la maîtrise "fluente" de 2 voire 3 langues étrangères, en plus du créole qui est la langue caribéenne par excellence. Spécialiste de la zone caribéenne, notre zone d’intervention n’en demeure pas moins illimitée pour assurer une couverture mondiale des prestations proposées afin de mieux répondre au marché, si spécifique.
Notre service créé en 2022, recueille déjà un intérêt grandissant de la part des opérateurs funéraires, notamment indépendants, c’est pourquoi nous avons adhéré au Groupement des Opérateurs Funéraires Indépendants (GOFI), auquel nous apportons notre expertise. Pour les PME notamment de taille familiale, le constat est qu’il existe un déficit d’informations pratiques pour le traitement des rapatriements ou transports de corps ou d'urnes en provenance de/ou vers l’étranger.
Notre démarche pédagogique est importante et notre offre de services, grâce à ces échanges, est tout à fait parallèle à leurs attentes. Le fait également d’être actifs au sein du même réseau ancre la confiance nécessaire à nos développements communs", précise Béatrice Le Normand Marin, et d’ajouter : "Notre nouveau site Internet, en phase test, sera mis en ligne début 2025 afin d’apporter les réponses dimensionnées aux interrogations des différents opérateurs et acteurs du funéraire".
Des prestations à la carte 7 j/7
"Un décès survient n’importe quand, n’importe où et n’importe comment, ce qui veut dire concrètement que lorsque notre plateau est mis en alerte, une course contre la montre est déclenchée. Il faut avant tout sécuriser le corps de la personne défunte et lui apporter les premiers soins le cas échéant. Puis, en fonction des exigences des familles, nous sommes en mesure de prendre tout ou partie de la mission funéraire d’organisation des obsèques (rapatriement, crémation, inhumation, dispersion).
Notre réseau bien présent est 100 % opérationnel. La phase administrative est bien sûr importante, la législation impose un cadre précis au transport de corps, surtout s’il doit s’opérer hors UE, de plus, les familles en métropole n’ont pas nécessairement un opérateur funéraire sur place de destination dans leurs relations. Notre action va dans ce sens de respect des intérêts moraux, matériels et financiers des familles, en liaison avec l’opérateur France et son homologue où qu’il se trouve. L’éthique et le respect sont des valeurs communes auxquelles nous sommes particulièrement attachés. En clair, nous collaborons avec un réseau testé fiable", insiste Béatrice Le Normand Marin.
Le respect des volontés est essentiel
"Je me souviens d’une publicité et de 2 films dont un des années 70/80, relatés par mon grand-père Roger Marin, qui portaient la même accroche "Mourrez, nous ferons le reste". Derrière ce raccourci provocateur et plutôt déplacé compte tenu des circonstances, se cache une réalité : les familles, quel que soit leur niveau socio-culturel ou économique, ne sont jamais prêtes pour affronter ex abrupto un tel événement, encore plus lorsque celui-ci a lieu à quelques milliers de kilomètres.
Ce postulat résume notre démarche qui est double. Il y a celle du technicien qui va organiser, planifier, suivre et vérifier que les phases de retour du corps s’effectuent telles qu’elles ont été décidées, et puis il y a celles que j’appellerai les phases de "conciergerie du funéraire", c’est-à-dire tout ce qui vient compléter la phase de transport. Tous ces détails qui vont assurément faire la différence, ils sont nombreux, pointus à mettre en œuvre, mais tous relèvent d’une exigence bien naturelle des familles à laquelle nous nous devons de répondre.
"Je sais que vous aimeriez connaître ces détails et nos réponses… Nous en parlerons au salon Funexpo de Lyon du 21 au 23 novembre, je serai dans les allées, car j’ai beaucoup d’amis et confrères à rencontrer, mais aussi de passage sur le stand du GOFI et de la FFPF, entre autres... Soyez sans inquiétude, nous nous verrons et je m’en réjouis par avance", conclut Béatrice Le Normand Marin.
Jérôme Maniaque
Résonance n° 209 - Novembre 2024
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